Êtes vous addict au sport ?

le 04 Mar 2024

Un dernier mail avant de ralentir pendant un mois. 

Mon mois de mai est votre mois d'août. Et pour la première fois depuis janvier 2020, je pars à l'étranger. Dans un pays que je ne connais pas. 

Ça m'a manqué. Covid et mon changement de carrière ont beaucoup trop impacté mon capital voyage.

Je pars 3 semaines en Slovénie. Si vous avez visité ce pays, partagez vos conseils et bonnes adresses. (plus rando que plage - exception pour la meilleure glace du pays ).

Il y aura quand même une épisode du podcast le 15 mai. Une invitée de choix. Un voyage dans le futur. Le mois de mai est décidément sur le thème du voyage.

Profitez bien des week-ends prolongés et j'ai hâte de vous retrouver en juin.

Bonne lecture,

Carole

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Au programme

  • Le défi de ma vie
  • Ma relation au sport
  • Deux manières de courir
  • Le point de bascule
  • Traiter vraie cause du problème
  • Une vidéo

­

Le défi de ma vie

Il y a 10 ans, j'ai couru un marathon. 

Je courais trois fois par semaine. J'avais deux semi-marathons à mon actif. Une amie de course à pied me dit "je vais courir le marathon de Lyon en octobre, ça te dit de le faire aussi ?". 

Ma réaction : "Ça ne va pas ! Je ne suis pas du tout prête à faire un marathon." 

C'était comme l'entreprenariat. “Oui, peut-être un jour quand j'aurai une idée, je montrai une boite.” “Oui, peut-être, un jour, quand je m'ennuierai (ou aurait trouvé la recette de la potion magique), je ferai un marathon”.

 

2 jours plus tard, j'étais inscrite. 

Mon taf était stressant. Je bossais jusqu'à 22h tous les jours (l'heure à laquelle je me couche aujourd'hui - presque sans exagération). 

C'était presque un soulagement de me dire “je faire de la place pour un marathon”. Ça me branchait sur autre chose.

J'ai tout bien fait : les fractionnés à 6h du mat' à Bercy (pour éviter la chaleur de juillet et pouvoir être au taf à 9h), les 30 kilomètres le week-end (le bois de Vincennes n'a plus de secret pour moi), les séances de récup, stopper l'alcool pendant un mois, manger des pâtes, réguler mon sommeil à la minute…

  

6 octobre 2013.

Je cours mon premier marathon. Je le finis. En courant.

Début de l'histoire…


Ma relation au sport

13 octobre 2013.

Une semaine est passée.

Un ami d'ami est blessé. 

J'emprunte son dossard des 20 km de Paris.

Les “Allez Romain” m'encouragent.

Je fais mon meilleur temps sur cette distance.

 

15 décembre 2013.

Je cours la Corrida d'Issy. Déguisée en mère Noël, avec cette magnifique côte à monter (DEUX fois !! - ceux qui savent, savent).

Je fais mon meilleur temps sur cette distance.

Je travaille toujours autant. 

Je cours toujours autant.

 

Février 2014.

La sentence tombe.

Syndrome de l'essuie-glace.

Un classique du coureur.

Je ne peux plus courir.

C'est le drame.

 

Je cherche des alternatives.

Je vais à la piscine. Je fais du sport en salle.

Rien ne me convient.

Soit ça appuie sur la douleur.

Soit ça ne me dépense pas autant qu'en courant.


Je reprends toujours trop tôt. 

Mon inflammation reste.

Je vais chez le kiné. 

J'arrête la course à pied. 

Je reprends la course à pied.

Je vais chez le podologue.

J'arrête la course à pied. 

Je reprends la course à pied.

 

Ça a duré deux ans.

Deux ans sans véritable course à pied.

Mon équilibre était rompu.

Et personne ne semblait me comprendre.

"C'est pas grave, arrête pendant 3 mois et ça va se remettre".

"C'est une opportunité de faire autre chose".

"Ça va aller". 

NON, ÇA NE VA PAS EN FAIT..


Deux manières de courir

J'étais accro au sport. 

Il compensait un stress que je ne savais pas réguler autrement.

Parce que j'avais jamais appris.

Le sport était ma seule manière.

 

Dans le Cerveau et Psycho d'avril je suis tombée sur cet article. 

Il y a deux façons de courir :

Une logique d'expansion de soi : 

On se réalise via le sport, on l'utilise parce que ça nous fait du bien et on se récompense avec.

Une logique de suppression de soi : 

On se calme via le sport, on l'utilise pour fuir un inconfort ou une souffrance du quotidien.

 

Et ça marche !

Pendant qu'on court, on s'assomme, et on secrète des endorphines qui font qu'on se sent bien. Jusqu'à ce qu'elles ne fassent plus effet.

En complément, l'effort physique prolongé provoque une baisse de l'activité frontale, qui diminue les pensées négatives.

Mais une étude norvégienne montre que cette manière de pratiquer le sport est associée à une baisse de bien-être global, et une augmentation progressive des doses d'effort prolongé pour oublier qu'on se sent mal.  

Ce qui ressemble pas mal à la définition d'une addiction.


Le point de bascule

Ce n'est pas parce que c'est “sain”, que c'est forcément bon pour nous. 

Ce n'était pas la première fois que je m'anesthésiais avec le sport. J'avais déjà fait ça post-rupture quelques années plus tôt.

En apparence, il n'y a pas de problème.

C'est pas comme si j'avais sombré dans l'alcool ou m'étais mise à fumer comme un pompier.

On peut se bullshiter longtemps à coup de "C'est bien de faire du sport".

Surtout quand tout le monde vous valide "Nan mais toi, t'es ultra disciplinée, t'as un mode de vie ultra sain, j'aimerais être capable de faire autant de sport que toi".

 

J'en vois plein des gens à fond sur le sport.

Et je vois comment les autres les perçoivent : “Il est ouf, il a fait un trail de 70 km, il s'entraine pour un iron man, il va au crossfit tous les jours".

Il y a de vrais passionnés.

Mais je ne suis plus dupe.

Ma première réaction est de me demander "Pourquoi ?".

“Pourquoi autant de sport ?”.

“Et qu'est-ce qui se passe si ça doit s'arrêter sans prévenir du jour au lendemain ?”

 

Au fond de vous, vous savez dans quelle catégorie vous êtes.

Vous savez si le sport contribue à votre équilibre. Ou si votre équilibre en dépend. 

Vous savez depuis combien de temps vous avez passé le point de bascule.

Vous savez si vous ne faites que repousser un problème qui peut vous revenir en boomrang.

Du jour au lendemain.

Sans prévenir.


Traiter la vraie cause du problème

On peut faire de bonnes choses pour de mauvaises raisons. 

Parfois ça marche.

Courir était juste le coup de pouce dont vous aviez besoin pour pouvoir rebondir.

Et c'est très bien.

L'activité physique est un besoin physiologique. Et elle apporte beaucoup de choses.


Parfois ça ne marche pas. 

Et ça nous rattrape au galop.

Courir vous maintient. 

Et TOUT votre équilibre repose sur le fait de pouvoir continuer.

Si ça s'arrête, votre système s'effondre.

 

Revenir à se qui provoque la compulsion de courir. 

C'est ce que recommande l'article de Cerveau & Psycho.

Pour traiter le problème à la source. 

Pour redonner au sport son rôle d'expansion de soi.

 

Et ça peut être plein de choses :

  • Un travail qui vous gonfle ? La solution peut être de changer de job.
  • Une relation qui vacille ? La solution peut être d'en parler.
  • Un trauma qui refait surface ? La solution peut être d'aller voir un psy.
  • Une perte de sens ? La solution peut être de faire pause et de faire le point.
  • Comme moi, un problème de gestion du stress ? La solution peut être d'apprendre à réguler le stress, ou à le lever. 

Ce qui est sûr, c'est que si le manque d'activité physique n'est pas le problème, courir n'est pas la solution. Et qu'un bon diagnostic aide à trouver les vraies solutions.

Et ça ne vous oblige pas à arrêter le sport.

 

Vous pouvez traiter le problème ET continuer le sport.

Jusqu'à ce moment où le sport redevient un plaisir. 

Vous en avez ENVIE, mais vous n'en avez plus BESOIN.

Car vous vous sentez bien tout court.

Et le sport est un plus.


En synthèse

Soyez honnête avec vous-même. Si vous faites autant de sport : est-ce vraiment pour votre plaisir, ou pour fuir quelque chose de profond ? Est-ce qu'il suffit à jouer ce rôle ou vous voyez que non ? 

Et sachez que vous êtes loin d'être seul dans ce cas.


Ne fuyez pas. Soyez conscient que c'est là, que ça impacte votre quotidien, et que ça peut remonter à la surface. 

Vous n'êtes pas obligé d'agir tout de suite. Vous n'êtes pas obligé d'agir tout court. Arrêter de nier le problème est déjà un progrès et apaise.


­Une vidéo

En lien avec le sujet du jour :

­Je vous laisse avec cette vidéo qui explique (sans aucun mot) le fonctionnement d'une addiction. 

Elle m'a secouée au point que je n'ai pas envie de la regarder à nouveau. 

Je rêve secrètement de réussir à faire passer mes idées de manière aussi parlante un jour. 

J'ai du boulot ;).


À bientôt les humains,

Carole

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On peut adorer son travail et se mettre une pression à s'en écoeurer. Je suis Carole Méziat et j'aide les travailleurs du savoir à se sentir en réussite dans des jobs exigeants sans sacrifier leur vie perso grâce à des accompagnements qui développent leur résilience, leur capacité à prioriser et leur confiance en eux.

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